Prolongement de l’A55

« La Provence » du 26 septembre 06 publie un article relatif au projet de prolongement de l’A55 du viaduc de Martigues au Pont du Roy à Fos.

La Provence 26.09.2006

Ce « serpent de mer » a montré sa tête dans les années 90. Le projet a fait alors l’objet d’une enquête publique. « L’Étang Nouveau », des sociétés de chasse et le syndicat CGT des cheminots de Fos, soutenus par des centaines de citoyens et par le député de la 13ème circonscription, s’y sont opposés ; le commissaire enquêteur lui a cependant donné un avis favorable ; mais le projet n’a pas été réalisé.

Les arguments des promoteurs de ce projet sont toujours les mêmes (essentiellement les nuisances subies par les riverains de la 568 , et de l’avenue Turcan à l’époque) ; les raisons de s’y opposer n’ont pas changé. (*)

Le prolongement de l’A55 déplacerait les nuisances routières sur d’autres sites, La Coudoulière, le Vallon du Pauvre Homme, Réveilla, Plan Fossan, Carcaras, Le Pont du Roy ;

Il détruirait des vignobles et des collines, notre poumon vert coupé en deux (**).

Et les promoteurs du projet, qui disent compatir aux souffrances des riverains de la 568, n’ont pas trouvé le moyen d’installer le long de cette voie des murs anti-bruit, comme cela a été fait à Fos (***).

Les opposants d’hier au projet de prolongement de l’A55 n’ont donc aucune raison de l’accepter. Leurs propositions alternatives sont valables aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.

  1. La pose de murs anti-bruit ne doit plus être différée.

  2. En 93-94, la DDE a étudié l’éventualité d’une mise en tranchée de la 568 après le Viaduc ; cette solution reste pertinente.

  3. Après 36 000 véhicules jour en 94, c’est maintenant 50 000 ! Et demain, 60 000 ?

Pour réduire les nuisances du trafic routier il faut, on peut, réduire le trafic routier.

    1. Sur l’A7 au niveau des Pennes Mirabeau et sur la Littorale, la direction « Montpellier » est indiquée par l’A55 ; elle doit l’être par l’A7 et la nouvelle l’A54 qui relie Salon à Arles, trajet sans feu tricolore et sans agglomération.

    2. Le réseau ferré et la voie fluviale permettent d’aller de Fos vers n’importe qu’elle destination française ou européenne ; la voie maritime permet de relier Fos à tout port méditerranéen, elle permet la liaison Espagne-Italie : le train, la péniche, le bateau, beaucoup moins polluants et dangereux, doivent remplacer le camion.

    3. Les déplacements individuels entre Marseille, Aix, l’étang de Berre-Fos et plus généralement dans notre département, ne peuvent guère se faire autrement que par voiture individuelle. 90% de ces véhicules sont occupés par une seule personne. Le développement des transports collectifs est souhaitable, bénéfique pour tous et possible par covoiturage, bus, autorail.

La réduction du trafic routier est le seul objectif acceptable. Quoiqu’ils en puissent dire, les élus locaux peuvent contribuer à son avancée, ne serait-ce qu’en argumentant en sa faveur, par exemple dans les bulletins municipaux… qu’ils réservent à la promotion de leurs projets d’accompagnement de son augmentation : dégradation des conditions de vie des gens, nuisances sonores, gazeuses, effet de serre, insécurité routière.

(*) Port de Bouc a construit des lotissements en bordure de la 568 et sa ZI dans la colline… Tout faux ! Combien en coûterait-il de les permuter ?

(**) La proposition, des élus de Fos, de suivre la voie ferrée en bordure des étangs, jusqu’à Lavalduc-Valentoulin, serait encore plus dommageable.

(***) La politique des élus sur ce problème de trafic routier, est exactement la même que celle qu’ils appliquent pour les nuisances des algues sur Ferrières à Martigues. Au lieu d’apporter des améliorations immédiates - murs anti-bruit ici, ramassage des algues là - invoquant des prétextes inconsistants leur projet - prolongement ici, comblement là - ne règle pas le problème, il le déplace et détruit un espace de récréation pour faire la part belle à l’automobile et au béton. Et, comme le projet de comblement de l’anse de Ferrières à Martigues cache mal le projet d’un parking, on peut penser que le prolongement de l’A55 pourrait bien servir à l’urbanisation du nord de Martigues. Y-aurait-il des projets de ce genre ?